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Philip Tinel « Passage »


Les premiers mots qui s’imposent, calmement, sont ceux qui tenteraient de définir le tout, l’absolu, l’infini, l’éternité.

L’image a, en apparence, un désir assumé du définitif qui cherche l’universalité, le cercle parfait, la ligne d’horizon sans fin.

Puis, après un temps, l’œil s’accommode et cherche, se glisse et se heurte sur une histoire de matières. Premières. Eau. Air. Terre. Feu. Ether.

Une histoire d’éléments qui seraient pré ou post humains.

La nature exposée n’est ni hospitalière, ni accueillante, et ses états sont inéluctablement changeants. Liquide. Solide. Gazeux. Le ciel et le sol se confondent, blanc ou noir, tout en contraste, et on ne sait d’où vient l’espace, où va la Terre. Les lignes d’horizons et la perspective sont à jamais brouillées.

Le point d’ancrage et le point de vue sont laissés délibérément sans guide, car ils sont à chercher justement du côté de la perte de repères. Le regard du photographe s’enracine dans le mouvement des formes et dans l’incertitude des métamorphoses. Il y a ici un amour immense de la peinture abstraite, un refus de l’anecdote, et une confiance absolue dans le hasard. Hasard des formes que la matière crée, modèle, façonne pour elle-même, sans aucun recours au narratif.

Le spectateur est invité à sortir de son être terrestre pour accéder à une vision méditative de son rapport au monde.

©M.T


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